mercredi 18 août 2010

La construction de maisons à partir de conteneurs (2)

Au Soudan: design italien, conteneurs et bambou

On voit à gauche et à droite de la photo, deux conteneurs
 reliés par une structure en bambou
Un de mes projets préférés dans la construction de maisons à partir de conteneurs est celui du groupe Tamassociati, une firme Italienne d’architecture dont le siège social est à Venise et qui propose des projets à la fois éthiques, responsables et… esthétiques. Au Soudan, pour un hôpital de Khartoum, le collectif tamassociati a réalisé des logements destinés au personnel médical en recyclant une centaine de conteneurs déjà disponibles sur le site. Mêlant acier et bambous, cette architecture se révèle, simple et accueillante.

La valeur de ce projet réside, aux yeux de tous, dans le sérieux avec lequel a été abordé le problème de l'isolation thermique. Le système a été réalisé à l'intérieur à partir de panneaux isolants de 5 cm et à l'extérieur à l’aide d'un contre toit ventilé métallique et d’un brise-soleil en bambou protégeant contre les rayons directs du soleil. Ce système, qui brise le rayonnement solaire, ventile également en permanence la structure des conteneurs.

C’est beau. Ce design, constitué de lignes strictes et de nattages de bambous crée une impression de pureté et de solidité. L'installation complète, qui forme une cour dans un parc de manguiers donnant sur le Nil, se compose de 90 conteneurs pour les habitations et 7 pour les services et la cafétéria. Chaque logement dispose d'environ 20 m² avec salle de bains et une petite véranda qui donne sur le jardin. . L'eau chaude est produite avec des panneaux solaires statiques montés sur les toits. Un système innovateur de climatisation avec panneau solaire à absorption a été expérimenté dans certains logements.

Le bambou, une ressource facilement renouvelable, est considéré comme un choix écologique offrant flexibilité et légèreté. On le retrouve aussi maintenant dans la fabrication de multiples accessoires et dans la confection de vêtements et de literie.

On peut voir sur Youtube une vidéo relatant les étapes de réalisation du projet.

Le projet a reçu le prix de la meilleure construction effectué à partir de conteneurs par BEST OF GREEN 2010

La construction de maisons à partir de conteneurs (1)

Pourquoi construire des maisons à partir de conteneurs? Parce que c’est rentable, écologique et pratique. Le bateau que vous voyez sur cette photo transporte 5000 conteneurs. Chacun des conteneurs peut théoriquement loger 7 personnes, ce qui signifie un abri pour 25000 personnes.

Le transport des marchandises par conteneurs (une invention de Malcolm McLean), qui se fait depuis les années cinquante, a été, à l’époque, une véritable révolution dans l’industrie du transport. Les premiers bateaux uniquement dédiés au transport par conteneurs ont été construits au début des années 70. Les conteneurs assurent actuellement la majeure partie du transport par voie maritime constituant l’ensemble des échanges commerciaux au niveau international. On estime à 100 millions le nombre de conteneurs qui traversent les océans chaque année. Après quelques temps d’usage, les conteneurs deviennent désuets pour le transport maritime. Ils s’accumulent alors dans les ports du monde entier, posant d’énormes problèmes d’entreposage.

Ce qui est un problème pour certains devient toutefois une solution pour d’autres. Il est possible de retracer des projets ayant émergé à différents endroits du globe au cours des dernières décennies. Certains de ces projets ont été réalisés sur une base individuelle par des créateurs inspirés par ce nouvel objet se prêtant à de multiples usages : cantine (à Montréal), bureau, refuge pour les animaux, etc. D’autres projets, créés par des entreprises, sont de plus grande envergure : Londre (la cité des conteneurs créée sur les docks), New York (un collectif d’architectes offrant des unités mobiles et des projets consistant en un assemblage de plusieurs unités), etc.

Les recherches effectuées m’ont permis de retracer quelques projets en lien avec le développement durable et l’aide d’urgence (États Unis) lors de désastres naturels :

mardi 17 août 2010

Des maisons pour Haïti

Photo Jeremy Cowart
Je t'en prie mon Dieu donne nous la force de reconstruire Haïti 

Nous avons pris connaissance la semaine dernière (12 août 2010) du projet parrainé par Luck Mervil pour construire, en Haïti, des maisons à partir de conteneurs recyclés.
L'idée de construire des maisons à partir de conteneurs n'est pas nouvelle. Une exploration sur le Web nous a permis de découvrir plusieurs types de construction déjà réalisées un peu partout dans le monde. Cela va du refuge pour animaux à la résidence d'étudiants en passant par le chalet, la cantine repliable et l'unité de soins d'urgence.

De nombreux avantages sont liés à l'utilisation du conteneur mais, ce qui nous intéresse ici est l'idée de son utilisation dans un contexte humanitaire ou, mieux encore, dans une intention de développement durable. Le projet Vilajvilaj consiste à implanter des villages en Haïti et ailleurs dans le monde afin de venir en aide aux populations les plus démunies.

Les maisons conteneur permettraient aux personnes déplacées par des désastres d'obtenir rapidement une relocalisation à proximité de leur lieu de résidence initial. De plus, la participation des gens de la communauté aux étapes de réalisation leur offrirait un maintien et un renforcement des liens sociaux.

L'idée générale du projet consiste à travailler ensemble à reconstruire un environnement sain et une communauté solidaire.

jeudi 29 juillet 2010

Êtes-vous un connecteur ou un maven?

Un connecteur est une personne qui a plusieurs centres d’intérêts mais surtout un intérêt marqué pour les relations humaines et pour les modèles d’interaction sociale. Les connecteurs sont soucieux des différentes communautés dans lesquelles ils vivent (familles, amis, milieux de travail ou groupe social). Ils ont, par exemple, la curiosité d’observer quels sont ces gens et comment ils interagissent entre eux.

Les connecteurs connaissent beaucoup de personnes mais surtout, ils connaissent des personnes de genres très diversifiés. Par leur passion des relations humaines, ils ont la particularité de s’intéresser à différents univers et à différentes sous cultures et sont capables de rejoindre des gens se situant complètement à l’extérieur de leurs univers.

Les connecteurs entrent véritablement en relation avec les gens qu’ils rencontrent et, ce qui défini plus que tout un connecteur est sa motivation à favoriser la rencontre et la connexion entre les gens en établissant des territoires communs. Parce qu’il s’intéresse aux gens, à la société et à sa propre collectivité, le connecteur est souvent aussi un membre actif d’organisations à vocation sociale ou humanitaire. C’est une personne d’action et d’engagement qui s’investit et permet à l’information de circuler librement autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’organisation, créant ainsi un pont entre les différentes communautés.

Bien que le connecteur soit une personne qui permet de faire circuler l’information, c’est le maven qui est à l’origine des mouvements. Le maven explore, découvre, se renseigne et expérimente. Il est à l’origine des nouvelles idées. Maven est un mot yiddish qui veut dire : «celui qui acquiert des connaissances». Les mavens sont souvent ceux qui détiennent de l’information un peu plus en profondeur sur un sujet en particulier et qui prendront plaisir à vous renseigner au niveau qui vous intéresse (en quelques mots ou en vous donnant plusieurs références précises telles : sites Web, livres, personnes ressources). Connaissez-vous de ces gens dont on peut dire qu’ils ont de la substance?

En fait, nous avons tous un côté «connecteur» et un côté «maven». Et, même si ces aspects de notre personnalité ne sont pas très développés, il y a pas mal de chances pour que nous connaissions des personnes qui représentent fortement ces types de personnalité. Pensez à ceux qui vous ont aidé à dénicher un poste… ceux qui vous ont permis de rencontrer de nouvelles personnes dans les derniers mois… les dernières années… Le connecteur est quelqu’un, qui connaît quelqu’un qui peut vous aider. Le maven est celui qui saura vous renseigner sur une question. Pensez aux personnes qui vous ont marquées dans votre vie par leurs passions, leur enthousiasme et leur engagement social.

La raison pour laquelle j’écris cet article aujourd’hui est que je suis à la recherche de gens comme ça. Si vous vous reconnaissez et souhaitez participer à la mise en commun de vos ressources, contacts et connaissances dans un but d’avancement social et collectif, vous pouvez tout simplement vous joindre au groupe PAIH que j’ai créé récemment sur facebook (un clic sur «j’aime» et vous y êtes!). Si, pour une raison ou pour une autre, vous n’êtes pas sur facebook, vous pouvez m’écrire à mon adresse courriel avec mention de votre intérêt.

Si vous êtes plutôt de type connecteur, il y a de bonnes chances que vous connaissiez déjà le groupe PAIH parce que vous aurez cliqué sur le lien vivre avec les autres. Si vous êtes plutôt du type maven, vous aurez d’abord été curieux de savoir ce qu’était un maven! Et vous avez cliqué en priorité sur ce lien! Voici donc pour vous cher maven le lien qui vous permettra d’en savoir un peu plus sur la question des types sociaux. Il s’agit d’un excellent livre qui explique comment faire une grande différence avec de très petites choses. Il s’intitule : Le point de bascule.

Je vous invite, si vous en êtes là dans votre vie, à vous joindre au groupe PAIH à titre de connecteur (possibilité de devenir administrateur de la page) ou à titre de membre simplement curieux d’en savoir un peu plus sur l’entraide et le dialogue. Je vous invite également à me faire part de votre niveau d’implication actuelle dans des groupes de type entraide et dialogue dont nous pourrions parler dans nos pages.

Vivre avec les autres

Aucun humain ne peut survivre sans la communauté humaine (paroles du Dalaï Lama). Pourquoi et comment construire, reconstruire ou solidifier cette communauté humaine dont nous avons besoin?

Œuvrer pour le développement social, œuvrer à la construction de la communauté humaine est bien différent que de simplement faire partie d’un réseau social. Pourtant, lorsque le mot réseau est prononcé certains sont prêts à fuir à l’instant croyant que l’on cherche à les enrôler dans une secte ou à leur vendre un produit quelconque.

Les gens qui oeuvrent pour le développement social (beaucoup sont des connecteurs et des mavens) ont pour objectif de promouvoir l’entraide et le dialogue. Leur but est axé sur le partage et l’échange plutôt que sur un apprentissage de type développement personnel. Il n’y a rien à vendre mais plutôt quelque chose à faire ensemble.

Le réseau PAIH (Processus de l’Attention Inter Humaine) a pour mission d’œuvrer pour le développement social. Il n’est pas implanté dans le but d’annoncer des activités de développement personnel mais plutôt afin de permettre aux gens de :

• Trouver une communauté d’appartenance (ex : projet Litima 18-35, Julie Champagne)
• Créer des liens de vie (ex : groupes de ressourcements, cercles d’empathie)
• Rencontrer l’autre dans sa différence (ex : le sentier du mocassin, Wanda Gabriel, le groupe de discussion de JASS)
• Se rencontrer par le dialogue à un niveau plus profond (ex : groupe de dialogue de Bohm, blogs)
• Résoudre nos différends à l’intérieur de systèmes créés pour répondre à nos besoins (ex : cercles restaurateurs)
• Développer l’esprit communautaire entre nous et au sein des groupes sociaux dont nous faisons partie (mouvement vers l’esprit communautaire (MEC))

Dans sa définition, le regroupement propose aux gens qui veulent contribuer à la création de la grande communauté humaine de «travailler ensemble à élaborer un peu partout dans les milieux de travail, dans les organisations dont ils sont membres et dans les communautés dont ils font partie, un type de rencontre dont les gens repartent nourris, entendus, soutenus et remplis».

Le réseau PAIH fait la promotion d’activités qui ne coûtent rien, qui sont peu dispendieuses ou dont les tarifs s’adaptent aux revenus des gens (contributions volontaires) et qui favorisent l’entraide, l’écoute et le dialogue. Ça ne signifie aucunement que les professionnels qui offrent des services dans ce domaine sont écartés du réseau. Bien au contraire, ils sont ou devraient être des acteurs de premier plan dans notre environnement.

Le regroupement PAIH axe son information sur les groupes offrant des activités qui sont financièrement accessibles à tous et qui ne demandent pas de formation préalable. La communauté ne se vend pas, elle s’offre et il est important de laisser la porte ouverte à ceux qui veulent entrer.

Si vous êtes professionnels et que vous offrez des ateliers d’apprentissage ou de développement des Processus de l’Attention Inter Humaine (PAIH) tels : Focusing, CNV, Théorie U, facilitation au dialogue, à l’esprit communautaire ou aux cercles restaurateurs, il nous fera plaisir toutefois d’inscrire sans frais un lien sur vos services.

samedi 8 mai 2010

Un blog à soi

Depuis un peu plus d’un an maintenant j’ai commencé à écrire sur les blogs. Le blog des relations humaines a été ma première création et je dirais aujourd’hui que c’est une belle aventure. La gestion d’un blog sur blogger est facile. De nouveaux outils s’ajoutent pour nous permettre toujours plus de polyvalence dans la mise en page.

J’ai été invitée dernièrement à participer à différents groupes d’intérêts où il est possible de publier des commentaires. Je me suis abonnée à Facebook, au Focusing Town House et à deux groupes Google : celui pour les Cercles Restaurateurs et celui pour un groupe d’intérêt Focusing/CNV. À part mettre ma photo et mon nom, je n’ai pas vraiment été tentée de publier dans cette forme. Je ne sais pas si c’est la question linguistique qui me bloque. Pratiquement tous les groupes auxquels j’ai eu accès étaient anglophones. Même si plusieurs des participants sont francophones, ils écrivent tous en anglais. J’aimerais pouvoir échanger avec d’autres personnes intéressées par les relations humaines et pouvoir le faire en français.

Pour le moment, je ne peux que constater l’utilité du blog pour «être entendue». J’envoie un ou deux articles par mois. Plusieurs personnes prennent connaissance des articles mais il y a très peu de commentaires et encore moins d’échanges soutenus. Cependant, lorsque je rencontre les gens dans les différents groupes dont je fais partie, ils me disent avoir lu les articles. Je reçois aussi, de temps à autre, un message personnel par courriel en réponse à un article publié sur le blog. Pour plusieurs personnes, il est en effet très difficile de publier publiquement un commentaire.

C’est dommage mais c’est comme ça. Et je continue parce que, globalement, l’expérience est positive.

mercredi 14 avril 2010

À pas de Loup

Notre groupe avance à pas de loup. Il progresse en ce moment vers la création d’une véritable communauté de soutien. Lors de la dernière rencontre (21 mars), l’esprit de collaboration, l’esprit d’initiative et l’esprit de communauté étaient présents tout au cours de la journée.

J’ai d’abord apprécié cette offre de l’une des participantes de nous guider dans un processus intérieur sur le thème du loup. À partir d’une légende amérindienne, nous sommes allées à la rencontre du loup blanc et du loup sombre en nous. Cette métaphore illustrait admirablement la notion des différentes parties de soi et la manière, particulière au Focusing, de travailler à partir de cette notion qui était le thème d’étude de la matinée.

Dans la légende, le loup sombre représente nos parties souffrantes (colère, envie, jalousie, tristesse, arrogance, etc.) et le loup blanc nos parties lumineuses (joie, paix, amour, espérance, humilité, etc.). Par le processus guidé, nous pouvons rejoindre ces parties en nous, voir la manière dont elles se manifestent et, en y portant attention, en apprendre quelque chose de nouveau.

L’après midi s’est déroulée en trois temps : un temps de silence, un temps de partage où chaque personne a pu déposer ce qui était vivant en elle et un temps de discussion sur la manière dont nous souhaitons nous organiser pour mieux vivre ensemble et pour que le groupe soit pleinement nourrissant.

Le temps de silence nous a permis d’intégrer l’enseignement, le processus guidé (celui des deux loups) et nos échanges de l’heure du lunch. J’ai simplement donné ensuite quelques indications permettant à chacune de parler à partir de ce qu’elle vivait ou ressentait au moment présent et de s’exprimer lorsqu’elle se sentait prête à le faire. Les temps de silence entre les partages étaient respectés. Les partages étaient reçus sans interventions, simplement déposés dans le groupe et tous faits à partir du contact profond avec l’espace intérieur propre au Focusing.

La dernière partie de la journée a été consacrée à un échange sur notre mode de fonctionnement. Cet échange très riche nous a permis d’ajouter la pratique de la formation de communauté à notre répertoire de processus structurants.

À pas de loup…

Quelle belle façon d’avancer!